
Les compétences transversales : un atout incontournable pour la relève en recherche
Rédigé par Catherine Fouron, conseillère au développement professionnel au vice-rectorat adjoint aux Études supérieures et postdoctorales de l’Université de Montréal.
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Les compétences transversales sont aujourd’hui incontournables pour la relève en recherche, tant pour la santé mentale que pour l’employabilité.
Cet épisode présente le Référentiel des compétences transversales de l’Université de Montréal et explique en quoi ces compétences — souvent développées sans être explicitement nommées — constituent de véritables leviers pour naviguer les exigences des cycles supérieurs et se préparer à une diversité de parcours professionnels.
Saviez-vous que près de la moitié des doctorant·es vivent des niveaux élevés de détresse psychologique ? (Hazell et al., 2020; Levecque et al., 2017). Cette réalité ne s’explique pas uniquement par la pression académique, mais aussi par un manque de formation aux compétences transversales, ces aptitudes essentielles pour naviguer dans un milieu complexe et se préparer à une carrière diversifiée (Kismihók et al., 2022).
C’est précisément pour répondre à cette nécessité que le développement des compétences transversales occupe aujourd’hui une place centrale dans les discussions sur la formation aux cycles supérieurs. Mais de quoi parle-t-on exactement lorsqu’on évoque ces compétences ? L’Université de Montréal propose un référentiel particulièrement éclairant, que la conseillère au développement professionnel au vice-rectorat adjoint aux Études supérieures et postdoctorales, Catherine Fouron, présente dans ce billet. Catherine a fait partie de l’équipe responsable de l’idéation, du développement et de la publication de ce référentiel en 2019, et il est toujours aussi pertinent et d’actualité aujourd’hui.
Qu’entend-on par compétences transversales ?
Les compétences transversales sont des aptitudes fondamentales développées aux cycles supérieurs, en complément des compétences disciplinaires. Elles permettent à une personne de se distinguer par sa capacité à apprendre, à s’adapter et à résoudre des problèmes complexes. Ces compétences sont transdisciplinaires et transférables dans divers secteurs professionnels. Elles sont très recherchées par les employeur·euses, car elles favorisent l’intégration et la contribution dans des contextes variés — académiques, professionnels ou sociaux. Pourtant, beaucoup de personnes étudiantes ignorent qu’elles développent ces compétences au fil de leur formation en recherche. Les reconnaître et savoir les mettre en valeur est une étape clé pour élargir ses perspectives de carrière.
Pourquoi un référentiel des compétences ?
L’Université de Montréal a pris les devants en créant un Référentiel des compétences transversales, un outil conçu pour aider la relève à identifier ses forces, combler ses lacunes et bâtir un véritable portefeuille de compétences durant les années de formation.
Ce référentiel répond à un besoin urgent : préparer les diplômé·es à une diversité de débouchés dans un contexte où les postes professoraux ne suffisent plus à absorber le nombre croissant de titulaires de doctorat. Il s’inscrit dans une volonté de transformation culturelle et d’accompagnement vers des carrières multiples, tant au sein d’une carrière académique que dans un milieu hors-académique.
Présentation du référentiel
Le Référentiel regroupe huit compétences clés favorisant l’employabilité :
- Communication
- Collaboration
- Gestion
- Leadership
- Littératie numérique, médiatique et informationnelle
- Intégrité et conduite responsable
- Autonomie professionnelle
- Créativité et innovation

Figure : vue d’ensemble des composantes personnelles, relationnelles et spécifiques des compétences
(Vice-rectorat adjoint aux études supérieures et postdoctorales, 2019).
Chaque compétence est définie en fonction de son sens en contexte professionnel, accompagnée d’une grille qui précise les attitudes personnelles et relationnelles (le savoir-être), les attitudes qui lui sont spécifiques, les capacités associées (le savoir-agir) ainsi que des exemples concrets de manifestations de la compétence.
Prenons le leadership par exemple : il est défini comme la capacité à proposer une vision mobilisatrice à laquelle les autres souhaitent adhérer, entre autres. Dans le monde professionnel, cette compétence constitue un atout majeur pour renforcer son employabilité; les organisations recherchent des personnes capables de générer des idées porteuses de changement, d’influencer et de fédérer autour d’objectifs communs afin de contribuer au succès collectif. Le leadership repose sur plusieurs composantes personnelles et relationnelles. Parmi les attitudes personnelles, on retrouve notamment l’autonomie et le sens de l’initiative. Ces capacités se traduisent par des manifestations concrètes telles que : structurer sa pensée, établir seul ses priorités en fonction des tâches à accomplir, organiser son travail et planifier les activités dans les délais prescrits. Et ainsi de suite pour chaque compétence et ses composantes.
Pour aller plus loin, un outil d’auto-évaluation en ligne (réservé à la communauté UdeM) permet de brosser un portrait de ses forces et de ses besoins, avec des recommandations pour développer ses compétences plus faibles.
Pourquoi ces compétences sont-elles si importantes ?
Une synergie entre recherche et marché du travail
Les compétences transversales sont essentielles autant dans la formation en recherche que sur le marché du travail. Dans un contexte marqué par des changements technologiques, environnementaux et socio-économiques rapides, les organisations recherchent des talents capables de réflexion stratégique, d’innovation et de collaboration. Les diplômés des cycles supérieurs répondent à ces besoins, mais leur employabilité repose autant sur leurs compétences transversales que sur leur expertise disciplinaire.
Des leviers pour s’adapter et se démarquer
Communication, créativité, littératie numérique et capacité d’apprentissage sont des atouts pour évoluer dans un monde professionnel en mutation et se distinguer dans un environnement où la polyvalence est valorisée.
Un investissement stratégique, pas un détour
Contrairement à certaines perceptions, le temps consacré au développement des compétences transversales n’est pas une perte d’énergie : il optimise la performance. Ces compétences rendent les étudiantes et étudiants plus autonomes, efficaces et mieux préparé·es pour le monde professionnel, tout en enrichissant leur recherche. Elles ne sont pas en compétition avec le travail scientifique, elles le soutiennent.
Les bénéfices pour la recherche sont tangibles. Savoir communiquer permet de mieux présenter ses résultats, rédiger des articles et faire des présentations orales qui valorisent ses travaux. Savoir gérer son temps, résoudre des problèmes complexes et collaborer permet d’avancer plus efficacement dans sa recherche et augmente la productivité du laboratoire. Développer ses compétences en créativité permet une adaptabilité et une capacité à surmonter les imprévus et les obstacles courants en recherche avec plus d’agilité.
Un atout pour l’employabilité et l’attractivité des programmes
Les organismes de financement et les employeur·euses valorisent ces compétences, autant parfois plus que les connaissances techniques. Les encourager, c’est augmenter les chances de succès post-diplôme et renforcer l’attractivité des programmes.
En somme, les compétences transversales ne sont pas un supplément facultatif, mais un catalyseur de performance pour la recherche et la carrière.
Le Référentiel et les activités de développement professionnel proposées par les Études supérieures et postdoctorales de l’Université de Montréal offrent les outils pour bâtir un profil solide et compétitif, prêt à relever les défis d’une carrière diversifiée.
Pour consulter le référentiel des compétences :
Vice-rectorat adjoint aux études supérieures et postdoctorales. (2019). Référentiel des compétences transversales favorisant l’intégration professionnelle des étudiants aux cycles supérieurs. Université de Montréal. https://saisonsesp.umontreal.ca/referentiel-des-competences/
Références :
- Hazell, C. M., Chapman, L., Valeix, S. F., Roberts, P., Niven, J. E. et Berry, C. (2020). Understanding the mental health of doctoral researchers : a mixed methods systematic review with meta-analysis and meta-synthesis. Systematic reviews, 9(1), 1-30. https://doi.org/10.1186/s13643-020-01443-1
- Kismihók, G., McCashin, D., Mol, S. T. et Cahill, B. (2022). The well-being and mental health of doctoral candidates. European Journal of Education, 57(3), 410–423. https://doi.org/10.1111/ejed.12519
- Levecque, K., Anseel, F., De Beuckelaer, A., Van der Heyden, J. et Gisle, L. (2017). Work organization and mental health problems in PhD students. Research Policy, 46(4), 868–879. https://doi.org/10.1016/j.respol.2017.02.008
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